Léontine Séhoué

Présentation de l’auteure et de son œuvre

A – L’auteure

Spécialiste en sciences de l’éducation et diplômée en ingénierie pédagogique et de la formation continue, l’auteure se positionne comme praticienne du développement local et pilote des missions en lien avec la formation, l’emploi et les politiques d’insertion socioprofessionnelle.

Passionnée de littérature, cette Franco-Ivoirienne a conçu et animé « À Livr’ouvert », une émission littéraire diffusée sur la 1ère première chaîne de la télévision ivoirienne. Elle a, par ailleurs, été professeure certifiée de lettres modernes.

En novembre 2015, elle publie, chez Edilivre, « Destins de femme : Shalana » qui sera réédité, huit mois plus tard, en deux parties, « Enigmatique Shalana » et « Subversive Dégnan ».

En juin 2016, elle publie, aux éditions Cana, « Comme ça, tu t’en es allée… ».

De son style, à la fois décapant et rieur, Léontine Séhoué dépeint à grands traits volontairement grossis, les boires et déboires d’une société en pleine mutation. C’est sans tabou aucun qu’elle aborde tous les thèmes de la vie quotidienne, au risque d’en choquer plus d’un.

B – Son œuvre

Convoitises, jeux diaboliques pour se hisser dans les hautes sphères de la société, infidélités, liaisons sulfureuses, tromperies, faux-semblant, manipulations, sournoiserie, intrigues de tout genre… Les rebondissements ne manquent pas dans l’ensemble de ses textes où les personnages n’en finissent pas de se chercher, de se séduire, de se confronter dans une atmosphère où sensualité et supercherie affleurent à chaque instant.

1/ Comme ça, tu t’en es allée…

Ce texte fortement inspiré de faits réels, donne la parole à un mari qui, au chevet de sa femme mourante, replonge dans plusieurs années de vie commune, pour revisiter ses actes manqués.

Extrait:

«Tic-tac, tic-tac.

J’ai relevé la tête et surpris le regard de ma femme posé sur moi. Des yeux las, exprimant tout le désarroi du monde. Et les minutes continuaient à s’égrener à l’horloge du temps. Tic-tac. Tic-tac. Sans répit. Tic-tac.

Involontairement, j’ai jeté un œil à la montre à mon poignet. A moins que ce ne soit pour fuir ce regard auquel je ne savais quoi dire. Machinalement, j’ai avancé mon bras vers le lit. Elle y était couchée sur le dos, la partie inférieure du corps rendue inerte par la péridurale. J’ai pris dans ma main la sienne qui commençait à bleuir et gonfler, n’en pouvant plus des perfusions qui s’y succédaient. J’ai eu un imperceptible mouvement de recul, tant elle était glaciale, sans vie ».

2/ Enigmatique Shalana

Lorsque Shalana est recueillie par Dégnan, son amie d’enfance, elle est en piteux état. En effet, la mort prématurée de sa mère suivie de près par le remariage de son père l’ont menée à la ruine. Pourtant, même vêtue de guenilles, elle n’a rien perdue de sa fière allure, et son corps n’en est pas moins resté superbe. Dégnan, entretenue par le gros Gilles qui lui assure le train de vie luxueux dont elle a toujours rêvé, se sent aussitôt investie d’une mission : celle de donner un nouveau départ à son amie.

Extrait :

« Un délicieux arôme de café fraîchement préparé parvient à Dégnan, dans l’épais brouillard de sommeil où elle flottait.

Ouvrant un œil, elle découvrit Shalana assise au pied du lit, avec sur les genoux un plateau délicieusement garni de merveilleuses petites gourmandises.

C’était tous les matins le même rituel, depuis bientôt un mois où, revenant de Dieu seul sait où, Dégnan avait ramené chez elle cet oisillon tombé de son nid. Elle avait essayé, à maintes reprises, de l’en dissuader, mais sans succès. D’ailleurs, quel argument pouvait-elle opposer à quelqu’un qui soutenait avec force, prendre plaisir à la voir émerger du néant chaque matin pour renaître à la vie ? »

3/ Subversive Dégnan

Toutes deux troublées par des désirs inavouables, Dégnan et Shalana se laissent aller à leur sulfureuse amitié, jusqu’à l’apparition du fier et viril Kim Attiaw, le fils de Gilles. Sans aucun égard pour une certaine relation entretenue des années auparavent avec Dégnan, la maitresse de son père, il tombe sous le charme de la sublimissime Shalana.

Extrait :

« Dégnan fulminait. Quoi ! Se lever aux aurores, traverser tout Abidjan en quête des meilleurs croissants, sans peur de braver les embouteillages coutumiers aux deux ponts dès sept heures du matin, à cause de tous ces tire-au-flanc qui vont glander dans les bureaux, attendant midi pour se déverser dans les maquis afin d’y écluser les bouteilles en compagnie de petites traînées, quand leurs femmes et enfants attendaient à la maison, avec pour seul repas que celui du soir qu’ils étaient obligés de prendre à dix-sept heures, histoire de couper la poire en deux, pour vivre ça !

Elle n’en revenait pas. »

slauteure@gmail.com

http://slauteure37.webnode.com